Jeudi 3 mars 2011
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09:00
Cela doit faire des heures que je lutte maintenant. A travers mes papières entrouvertes, j'aperçois des flocons. Je retient mes frissons et me concentre sur ma respiration. Il faut que je reste
consciente. A tout prix. Envers et contre ce froid glacial qui s'infiltre sous mes vêtements inadaptés. Je ne peux pas baisser ma garde, cela reviendrais à mourir. Je sens que mon
corps ne suit plus mon esprit, et qu'au contraire mon esprit va bientôt suivre mon corps. Une ombre apparaît, mais je ne distingue pas bien, je ne saurais dire à quelle distance de moi elle se
trouve. "Courage Kyou", je me dis. "Résiste". Je...je...bascule lentement. Nan ! Je dois tenir. Doucement, comme dans un songe, je me sens entrainée, comme happée par la nuit.
"Je...peux...tenir...je.......".
Puis plus rien.
PDV de ??? ~
Elle s'affaisse et chute, d'un coup. Je me précipite vers la silhouette et la rattrape au vol, de justesse. Elle est d'une légereté surprenante.
Ellipse de 32 heures
J'ouvre les yeux. Où suis-je ? Est-ce cela la mort ? Je tente de bouger, et mes doigts semblent danser dur du satin. Je me murmure :
Kyou - C'est agréable....
??? - Vous êtes réveillée ?
Je me redresse d'un seul coup, surprise et effrayée :
Kyou - Qui ? Qui...êtes vous ?
Ma tête tourne. Je dois savoir qui est cet homme. Je ferme les yeux une minute, et tente de concentrer mes forces, tandis qu'il répond d'une voix suave :
??? - Je suis Reita. Je t'ai trouvée dans un parc hier, onconsciente sur un banc, malgré le frois et la neige.
Kyou - Que faisiez - vous dehors à cette heure et par ce temps ?
Je me braque. Les types louches rôdent partout. Mais je relâche un peu ma méfiance, il a l'air sympathique et de toute façon, j'ai certainement l'air plus louche que lui, entre ma présence sur un
banc en pleine nuit, sous la neige, et mon apparence de clocharde.
Reita - Je me promenais. Je réflechissais. Je fumais.
Ses yeux rient alors qu'il tente de mettre des mots sur son alibi d'hier soir. Mais quelle heure est-il ? Un regard à sa montre m'indique 14 heures...Alors qu'il en était à peine 2 heures lorsque
la neige s'est mise à tomber sur mes épaules..."J'ai dormi presque 32 heures", je pense. Je regarde sous la couverture : il m'a changée. Stupeur. Je lui lançe un regard inquisiteur, et il me
répond par un sourire magnifique, mais qui paraît sincère.
~ PDV DE REITA ~
Cette gamine est étonnante. Enfin gamine, j'en sais rien. Elle ne doit pas être très loin de mes 28 ans en fait. Elle semble perdue, je la laisse regarder autour d'elle, apprivoiser
l'environnement qui l'entoure, et prendre conscience de ce qu'il s'est passé. "Clocharde si jeune" me dit mon esprit. C'est triste. Ses yeux pétillent malgré son incompréhension. Elle regarde
soudain sous la couette, et se rend soudain compte qu'elle est changée. Et lavée. Elle me lance un regard noir, digne d'un inspecteur des impôts.
Reita - Je t'ai changée hier. Et lavée.
Elle panique. Elle doit croire que j'attend d'elle des choses auxquelles je n'aurais pas pensé.
Kyou - que...QUOI ?
Elle a crié et rougit. De colère, de gêne, de honte ? Certainement les trois à la fois. Il faut que je parte maintenant. Mais avant...
Reita - Tu ne m'as toujours pas dit comment tu t'appelais et pourquoi je t'ai trouvée ainsi. *ironique*Je dois partir, j'ai du travail. Un double des clés de l'appartement sont sur la table de la
cuisine si l'envie te prend d'aller faire un tour. Le frigo est plein. Et tout ce dont tu pourrais avoir besoin pour te doucher se trouve dans la salle de bain. Des médicaments sont sur la table
de chevet à ta droite...
Elle regarde ce que je lui indique du menton.
Reita - ... et j'ai mis un papier avec les heures auxquelles les prendre. Mon numéro de portable et le téléphone sont dans la cuisine, au cas où. Ja !
~ PDV DE KYOU ~
Et il part sans un autre mot. Sans rien ajouter d'autre. Je suis surprise et heureuse qu'il m'ait laissé médicaments et numéro de téléphone, cela me rassure un peu sur ses
intentions.
ELLIPSE d'UN MOIS
Pendant un mois, j'ai vécu chez lui. Ce fut l'un des plus doux moment de toute ma vie. Il n'était pas souvent là, avait toujours du boulot, mais sa présence et ses attentions avaient quelque
chose de rassurant. Il m'a apporté ce sentiment de sécurité que je ne connaissais plus, et y a ajouté sa tendresse.
Mais je ne peux continuer à vivre ainsi. Je ne peux pas squatter indéfiniment chez lui. Surtout depuis ce que j'ai compris hier. Son look extravagant, ce bandeau qu'il emportait toujours dans sa
poche... Tout est clair maintenant.
FLASHBACK
Je suis assise sur le canapé, devant le télévision. Il va bientôt revenir, je le sais. Zappant inlassablement, je finis par tomber sur une chaîne pas trop nulle, celle des clips. Un bruit de
guitare rauque et celui d'une batterie, une basse, et une voix. Un groupe. "The GazettE", indique la bannière en bas de l'écran.